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@arnaudbos
Created November 26, 2015 10:53
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Guerilla Open Access Manifesto - Multilingual
Guerilla Open Access Manifesto
Information is power. But like all power, there are those who want to keep it for
themselves. The world's entire scientific and cultural heritage, published over centuries
in books and journals, is increasingly being digitized and locked up by a handful of
private corporations. Want to read the papers featuring the most famous results of the
sciences? You'll need to send enormous amounts to publishers like Reed Elsevier.
There are those struggling to change this. The Open Access Movement has fought
valiantly to ensure that scientists do not sign their copyrights away but instead ensure
their work is published on the Internet, under terms that allow anyone to access it. But
even under the best scenarios, their work will only apply to things published in the future.
Everything up until now will have been lost.
That is too high a price to pay. Forcing academics to pay money to read the work of their
colleagues? Scanning entire libraries but only allowing the folks at Google to read them?
Providing scientific articles to those at elite universities in the First World, but not to
children in the Global South? It's outrageous and unacceptable.
"I agree," many say, "but what can we do? The companies hold the copyrights, they
make enormous amounts of money by charging for access, and it's perfectly legal —
there's nothing we can do to stop them." But there is something we can, something that's
already being done: we can fight back.
Those with access to these resources — students, librarians, scientists — you have been
given a privilege. You get to feed at this banquet of knowledge while the rest of the world
is locked out. But you need not — indeed, morally, you cannot — keep this privilege for
yourselves. You have a duty to share it with the world. And you have: trading passwords
with colleagues, filling download requests for friends.
Meanwhile, those who have been locked out are not standing idly by. You have been
sneaking through holes and climbing over fences, liberating the information locked up by
the publishers and sharing them with your friends.
But all of this action goes on in the dark, hidden underground. It's called stealing or
piracy, as if sharing a wealth of knowledge were the moral equivalent of plundering a
ship and murdering its crew. But sharing isn't immoral — it's a moral imperative. Only
those blinded by greed would refuse to let a friend make a copy.
Large corporations, of course, are blinded by greed. The laws under which they operate
require it — their shareholders would revolt at anything less. And the politicians they
have bought off back them, passing laws giving them the exclusive power to decide who
can make copies.
There is no justice in following unjust laws. It's time to come into the light and, in the
grand tradition of civil disobedience, declare our opposition to this private theft of public
culture.
We need to take information, wherever it is stored, make our copies and share them with
the world. We need to take stuff that's out of copyright and add it to the archive. We need
to buy secret databases and put them on the Web. We need to download scientific
journals and upload them to file sharing networks. We need to fight for Guerilla Open
Access.
With enough of us, around the world, we'll not just send a strong message opposing the
privatization of knowledge — we'll make it a thing of the past. Will you join us?
Aaron Swartz
July 2008, Eremo, Italy
https://archive.org/stream/GuerillaOpenAccessManifesto/Goamjuly2008_djvu.txt
Guerilla Open Access Manifesto
L’information, c’est le pouvoir. Mais comme pour tout pouvoir, il y a ceux qui veulent le
garder pour eux. Le patrimoine culturel et scientifique mondial, publié depuis plusieurs
siècles dans les livres et les revues, est de plus en plus souvent numérisé puis
verrouillé par une poignée d’entreprises privées. Vous voulez lire les articles
présentant les plus célèbres résultats scientifiques ? Il vous faudra payer de grosses
sommes à des éditeurs comme Reed Elsevier.
Et il y a ceux qui luttent pour que cela change. Le mouvement pour le libre accès s’est
vaillamment battu pour s’assurer que les scientifiques ne mettent pas toutes leurs
publications sous copyright et s’assurer plutôt que leurs travaux seront publiés sur
Internet sous des conditions qui en permettent l’accès à tous. Mais, même dans le
scénario le plus optimiste, la politique de libre accès ne concerne que les publications
futures. Tout ce qui a été fait jusqu’à présent est perdu.
C’est trop cher payé. Contraindre les universitaires à débourser de l’argent pour lire le
travail de leurs collègues ? Numériser des bibliothèques entières mais ne permettre
qu’aux gens de chez Google de les lire ? Fournir des articles scientifiques aux
chercheurs des plus grandes universités des pays riches, mais pas aux enfants des pays du
Sud ? C’est scandaleux et inacceptable.
Nombreux sont ceux qui disent : « Je suis d’accord mais que peut-on y faire ? Les
entreprises possèdent les droits de reproduction de ces documents, elles gagnent
énormément d’argent en faisant payer l’accès, et c’est parfaitement légal, il n’y a rien
que l’on puisse faire pour les en empêcher. » Mais si, on peut faire quelque chose, ce
qu’on est déjà en train de faire : riposter.
Vous qui avez accès à ces ressources, étudiants, bibliothécaires, scientifiques, on vous
a donné un privilège. Vous pouvez vous nourrir au banquet de la connaissance pendant que
le reste du monde en est exclu. Mais vous n’êtes pas obligés — moralement, vous n’en avez
même pas le droit — de conserver ce privilège pour vous seuls. Il est de votre devoir de
le partager avec le monde. Et c’est ce que vous avez fait : en échangeant vos mots de
passe avec vos collègues, en remplissant des formulaires de téléchargement pour vos amis.
Pendant ce temps, ceux qui ont été écartés de ce festin n’attendent pas sans rien faire.
Vous vous êtes faufilés dans les brèches et avez escaladé les barrières, libérant
l’information verrouillée par les éditeurs pour la partager avec vos amis.
Mais toutes ces actions se déroulent dans l’ombre, de façon souterraine. On les qualifie
de « vol » ou bien de « piratage », comme si partager une abondance de connaissances
était moralement équivalent à l’abordage d’un vaisseau et au meurtre de son équipage.
Mais le partage n’est pas immoral, c’est un impératif moral. Seuls ceux qu’aveugle la
cupidité refusent une copie à leurs amis.
Les grandes multinationales, bien sûr, sont aveuglées par la cupidité. Les lois qui les
gouvernent l’exigent, leurs actionnaires se révolteraient à la moindre occasion. Et les
politiciens qu’elles ont achetés les soutiennent en votant des lois qui leur donnent le
pouvoir exclusif de décider qui est en droit de faire des copies.
La justice ne consiste pas à se soumettre à des lois injustes. Il est temps de sortir de
l’ombre et, dans la grande tradition de la désobéissance civile, d’affirmer notre
opposition à la confiscation criminelle de la culture publique.
Nous avons besoin de récolter l’information où qu’elle soit stockée, d’en faire des
copies et de la partager avec le monde. Nous devons nous emparer du domaine public et
l’ajouter aux archives. Nous devons acheter des bases de données secrètes et les mettre
sur le Web. Nous devons télécharger des revues scientifiques et les poster sur des réseaux
de partage de fichiers. Nous devons mener le combat de la guérilla pour le libre accès.
Lorsque nous serons assez nombreux de par le monde, nous n’enverrons pas seulement un
puissant message d’opposition à la privatisation de la connaissance : nous ferons en
sorte que cette privatisation appartienne au passé. Serez-vous des nôtres ?
Aaron Swartz – juillet 2008 – Internet Archive
(Traduction : Gatitac, albahtaar, Wikinade, M0tty, aKa, Jean-Fred, Goofy, Léna, greygjhart + anonymous)
http://framablog.org/2013/01/14/manifeste-guerilla-libre-acces-aaron-swartz/
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